Reconstruction post-conflit au Liban : L'urgence face aux temporalités de la régénération urbaine
Amine El Sayed, Joud
Promotor(s) :
Goossens, Marc
Date of defense : 31-Aug-2026/4-Sep-2026 • Permalink : http://hdl.handle.net/2268.2/27792
Details
| Title : | Reconstruction post-conflit au Liban : L'urgence face aux temporalités de la régénération urbaine |
| Author : | Amine El Sayed, Joud
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| Date of defense : | 31-Aug-2026/4-Sep-2026 |
| Advisor(s) : | Goossens, Marc
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| Committee's member(s) : | Behets, Sarah
Dawance, Sophie
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| Language : | French |
| Discipline(s) : | Engineering, computing & technology > Architecture |
| Institution(s) : | Université de Liège, Liège, Belgique |
| Degree: | Master en architecture, à finalité spécialisée en art de bâtir et urbanisme |
| Faculty: | Master thesis of the Faculté d'Architecture |
Abstract
[fr] Le Liban connaît, depuis un demi-siècle, non pas une destruction mais une succession de destructions dont les reconstructions s’entrelacent sans jamais parvenir à se stabiliser. Ce mémoire interroge ce paradoxe : un pays capable de produire, à chaque crise, des réponses de reconstruction rapides et parfois efficaces, mais structurellement incapable de les inscrire dans la durée. La question qui le structure est celle des raisons de cet inachèvement chronique, et du rôle que l’architecte peut y jouer.
La recherche croise trois types de matériaux : une revue de la littérature sur la reconstruction post-conflit, une série d’études de cas comparatives (Tunisie, Ukraine, Arménie, Bosnie, Syrie, Gaza) mobilisées pour éclairer par contraste la spécificité libanaise, et une enquête de terrain fondée sur des entretiens menés auprès de personnes directement impactées par la guerre. Elle assume une position située, celle d’une jeune architecte libanaise formée en Belgique, et une démarche qui va de l’analyse vers la proposition.
L’analyse établit que l’inachèvement libanais n’est ni accidentel ni conjoncturel, mais systémique. Il procède d’une boucle qui se reproduit elle-même, dont le système confessionnel constitue la racine et l’État affaibli le point de passage : de cette mécanique découlent la fragmentation du territoire, la dépendance aux financements extérieurs, l’exclusion des populations vulnérables et, à terme, une résignation qui nourrit à nouveau la fragmentation. L’expérience du déplacement, recueillie auprès des habitants, en fournit la preuve vécue, en révélant une hiérarchie des appartenances où la communauté précède la nation.
À partir de ce diagnostic, le mémoire explore deux leviers pour briser la boucle. Le premier, politique et assumé comme utopique, est la déconfessionnalisation de l’État. Le second, à la portée de l’architecte, est la lutte contre la fragmentation par la révélation du territoire : produire le savoir territorial qui fait défaut, et concevoir à l’échelle des infrastructures, des espaces publics et des lieux de la vie commune dont l’usage traverse les communautés. L’architecte y apparaît non comme un exécutant technique, mais comme un révélateur, capable de fonder le projet sur ce qui, dans le territoire, précède et déborde le découpage confessionnel.
Mots-clés : reconstruction post-conflit, Liban, confessionnalisme, fragmentation territoriale, résilience urbaine, déplacement, rôle de l’architecte, régénération.
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