Le manioc et l'ananas. Une histoire des rapports entre les hommes et le monde végétal dans les premiers récits de voyageurs et de colons européens dans les Guyanes
Sluse, Estelle
Promotor(s) :
Von Hoffmann, Viktoria
Date of defense : 27-Aug-2026/3-Sep-2026 • Permalink : http://hdl.handle.net/2268.2/27799
Details
| Title : | Le manioc et l'ananas. Une histoire des rapports entre les hommes et le monde végétal dans les premiers récits de voyageurs et de colons européens dans les Guyanes |
| Author : | Sluse, Estelle
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| Date of defense : | 27-Aug-2026/3-Sep-2026 |
| Advisor(s) : | Von Hoffmann, Viktoria
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| Committee's member(s) : | Delfosse, Annick
Xhayet, Geneviève
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| Language : | French |
| Number of pages : | 224 |
| Keywords : | [fr] Guyanes [fr] plantes [fr] colonisation [fr] savoirs [fr] ananas [fr] manioc [fr] alimentation |
| Discipline(s) : | Arts & humanities > History |
| Institution(s) : | Université de Liège, Liège, Belgique |
| Degree: | Master en histoire, à finalité approfondie |
| Faculty: | Master thesis of the Faculté de Philosophie et Lettres |
Abstract
[fr] En arrivant aux Amériques, les Européens font face à un nouvel environnement – inconnu de par sa population, sa faune et sa flore – et cherchent rapidement à le maîtriser. Suscitant l’intérêt des Anglais, des Français et des Hollandais, la région des Guyanes constitue un laboratoire privilégié pour étudier le rapport de ces colons et voyageurs au monde végétal. Parmi les plantes décrites, l’ananas et le manioc se distinguent par leur centralité dans les pratiques indigènes : ils servent à se nourrir, à se soigner ou encore à fabriquer des objets. Le présent travail analyse les discours et les représentations des voyageurs et des colons sur ces deux produits, à travers un corpus multilingue qui s’étend de la fin du XVIe siècle à la première moitié du XVIIIe siècle, des premiers récits d’exploration de la région aux premiers textes de naturalistes. L’attention est portée sur les différences entre l’ananas et le manioc, entre les pratiques européennes et indigènes et enfin entre les différents Européens, en examinant les descriptions faites des plantes, les usages alimentaires et autres ainsi que les savoirs associés. L’étude des rapports à ces deux produits révèle les enjeux de pouvoir et de savoir liés à leur appropriation. L’ananas fait l’objet de louanges, reflétant l’admiration portée sur le continent européen, tandis que le manioc prend dans l’alimentation des colons, une place essentielle, qui se consolide malgré les réticences. Dans les discours, une partie importante de la construction des savoirs s’effectue de manière empirique et sensorielle. Les colons apprennent aussi à cultiver et utiliser ces produits, avec l’aide cruciale des autochtones (et d’autres Européens). Des échanges multilatéraux de connaissances, de pratiques, d’objets se produisent autour de ces plantes, bien qu’ils restent marqués par des enjeux sous-jacents persistants.
[en] Arriving to the Americas, Europeans found themselves facing a new environment – unknown by its people, its fauna and its flora – and quickly sought to master it. Arousing the of the English, French and Dutch, the Guianas region served as a prime laboratory to study the relationship between settlers and travelers to the plant word. Among the plants described, pineapple and cassava stand out for their central role in indigenous practices: they were used for food, healing or crafting objects. This work analyzes the discourses and representations of travelers and colonists regarding these two products through a multilingual corpus spanning from the 16th to the first half of the 18th century, from the earliest accounts of exploration in the region to the first texts by naturalists. The focus is on the differences between pineapple and cassava, between European and indigenous practices and finally between different Europeans, by examining descriptions of the plants, their culinary and other uses, and the associated knowledge. The study of attitudes toward these two products reveals the stakes of power and knowledge linked to their appropriation. The pineapple is the subject of praise, reflecting the admiration coming from the European continent, while cassava becomes an essential part in the of the settlers’ alimentation, which becomes firmly established despite reluctance. In the accounts, a significant portion of knowledge construction is empirical and sensorial. Colonists also learn to cultivate and use these products, with the crucial assistance from Indigenous people (and other Europeans). Multilateral exchanges of knowledge, practices, and objects take place around these plants, but they remain marked by persistent underlying tensions.
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