Le Programme de reconnaissance des certifications forestières à l’épreuve de la controverse à propos du nourrissage artificiel du gibier en Wallonie
Hanff, Juliette
Promoteur(s) :
Denayer, Dorothée
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Kirsch, Eleonore
Date de soutenance : 22-jui-2026 • URL permanente : http://hdl.handle.net/2268.2/25369
Détails
| Titre : | Le Programme de reconnaissance des certifications forestières à l’épreuve de la controverse à propos du nourrissage artificiel du gibier en Wallonie |
| Auteur : | Hanff, Juliette
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| Date de soutenance : | 22-jui-2026 |
| Promoteur(s) : | Denayer, Dorothée
Kirsch, Eleonore
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| Membre(s) du jury : | Stassart, Pierre M
Le Bris, Chloé
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| Langue : | Français |
| Mots-clés : | [fr] PEFC [fr] certification forestière [fr] sociologie des controverses [fr] instruments volontaires d'action publique environnementale [fr] nourrissage artificiel du gibier [fr] équilibre forêt-gibier [fr] Wallonie |
| Discipline(s) : | Sciences du vivant > Sciences de l'environnement & écologie |
| Institution(s) : | Université de Liège, Liège, Belgique |
| Diplôme : | Master en sciences et gestion de l'environnement, à finalité spécialisée |
| Faculté : | Mémoires de la Faculté des Sciences |
Résumé
[fr] En 2023, à l'issue du processus de révision de ses standards de gestion durable (2019-2023), les parties prenantes du Programme de reconnaissance des certifications forestières (PEFC) Belgique ont adopté un nouveau standard introduisant une interdiction partielle du nourrissage artificiel du sanglier en hiver, une pratique autorisée par la réglementation wallonne. Controversée en raison de ses effets allégués sur l'augmentation des populations de gibier et sur la régénération forestière, cette pratique a cristallisé de profondes tensions au sein du processus, suscitant des mécontentements persistants et provoquant, à son issue, des retraits successifs d'associations environnementales, de propriétaires privés et de certaines communes. Ce mémoire interroge en quoi cette controverse a mis à l'épreuve la capacité du PEFC Belgique à (1) produire un standard consensuel, (2) qui dépasse le cadre réglementaire wallon et (3) qui génère des performances environnementales supérieures à celui-ci. Afin de répondre à ces questionnements, seize entretiens semi-directifs ont été menés auprès d'acteurs impliqués de près ou de loin dans ce processus. Ces données ont ensuite été analysées selon des concept issus de la sociologie des controverses et des concepts relatifs aux instruments volontaires d'action publique environnementale.
Les résultats indiquent que la controverse arrive dans le processus de révision déjà fortement polarisée autour d'une double mise en cause. Les acteurs s'opposent tant sur le rôle du nourrissage dans l'augmentation des populations de grand gibier que sur son utilité alléguée dans la gestion de l’équilibre forêt-gibier et sa fonction dissuasive. Les témoignages recueillis suggèrent par ailleurs que la défense de cette pratique semblerait difficilement dissociable des intérêts économiques des activités cynégétiques. Une seconde polarisation émerge durant le processus sur la légitimité du PEFC à imposer des exigences plus strictes que celles prévues par la réglementation wallonne. D’après les acteurs, le déroulement des négociations a été marqué par des asymétries de pouvoir, un recours au consensus comme levier de blocage des discussions et une animation insuffisante face à l'ampleur des divergences. Le standard adopté dépasse formellement la réglementation wallonne, mais s'apparenterait davantage, à un compromis minimal qu'à une décision collectivement construite et consensuelle, comme en témoignent les retraits successifs et les mécontentements persistants. Sa capacité à produire des performances environnementales supérieures au cadre réglementaire semble par ailleurs limitée par les retraits qui réduisent la surface certifiée, des contraintes à l’échelle spatiale et territoriale, des lacunes au niveau des contrôles et des possibilités de contournement. Néanmoins le double contrôle qu’il impose par rapport au cadre réglementaire et la volonté de ceux qui implémenteront le standard nuancent ces limites.
Ce travail invite à considérer que, dans un dispositif volontaire traversé par des intérêts divergents, la qualité du processus de concertation pourrait compter autant, sinon plus, que le contenu du standard produit.
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