Travail d'expertise interdisciplinaireVulnérabilité institutionnelle et action publique face au risque d'inondations à Ambatondrazaka (2020 - 2026), Madagascar
Cikala Nzonga, Jonathan
Promoteur(s) :
De Longueville, Florence
Date de soutenance : 27-aoû-2026/28-aoû-2026 • URL permanente : http://hdl.handle.net/2268.2/26822
Détails
| Titre : | Travail d'expertise interdisciplinaireVulnérabilité institutionnelle et action publique face au risque d'inondations à Ambatondrazaka (2020 - 2026), Madagascar |
| Titre traduit : | [fr] Institutional Vulnerability and Public Policy in Response to Flood Risk in Ambatondrazaka (2020–2026), Madagascar |
| Auteur : | Cikala Nzonga, Jonathan
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| Date de soutenance : | 27-aoû-2026/28-aoû-2026 |
| Promoteur(s) : | De Longueville, Florence
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| Membre(s) du jury : | Ozer, Pierre
Perrin, Dominique |
| Langue : | Français |
| Nombre de pages : | 69 |
| Mots-clés : | [fr] Vulnérabilité institutionnelle [fr] co-construction de l'action publique [fr] risque d'inondations [fr] Ambatondrazaka [fr] décentralisation en trompe l'œil [fr] gouvernance hybride |
| Discipline(s) : | Sciences du vivant > Sciences de l'environnement & écologie |
| Organisme(s) subsidiant(s) : | Academie de Recherche et d'Enseignement Supérieur (ARES) |
| Public cible : | Chercheurs Professionnels du domaine Etudiants Grand public Autre |
| Institution(s) : | Université de Liège, Liège, Belgique |
| Diplôme : | Master de spécialisation en gestion des risques et des catastrophes à l'ère de l'Anthropocène |
| Faculté : | Mémoires de la Faculté des Sciences |
Résumé
[fr] Dans les pays en développement, les catastrophes liées aux inondations trouvent rarement leur explication première dans l'intensité de l'aléa naturel. Ce sont, bien souvent, les failles du système institutionnel qui transforment un risque prévisible en désastre social à répétition. Le cas d'Ambatondrazaka, chef-lieu du District d'Alaotra-Mangoro, à Madagascar, l'illustre avec une clarté troublante. Sur la période 2020-2026, trois épisodes majeurs ont frappé ce territoire, faisant des morts, 886 ménages sinistrés et plus de 1 000 hectares de rizières rayés du paysage productif.
Ce travail poursuit deux objectifs complémentaires. D'un côté, comprendre par quels mécanismes la vulnérabilité institutionnelle aggrave le risque d'inondations dans cette zone. De l'autre, repérer les conditions qui permettraient une co-construction de l'action publique capable d'inverser, au moins partiellement, cette trajectoire.
Ancré dans un paradigme constructiviste critique, le travail repose sur 44 entretiens semi-directifs menés auprès de cinq catégories d'acteurs dans quatre communes, analysés par une analyse thématique hybride, à codage déductif et inductif, sous NVivo 14. Les deux hypothèses initiales se trouvent confirmées par le terrain. La vulnérabilité institutionnelle n'est pas monolithique, elle résulte de l'accumulation et de l'interaction récursive de quatre déficits qui se nourrissent mutuellement. L'absence de budget dédié (déficit fiscal-économique) paralyse les services techniques chargés du contrôle urbanistique (déficit législatif), ce qui entretient impunément les constructions en zones inondables (déficit sociopolitique) et prive la planification des savoirs communautaires qu'elle aurait pourtant grand besoin d'intégrer (déficit socioculturel). Chaque composante aggrave les autres dans une boucle qui amplifie structurellement le risque, une intensité qui varie du reste selon la géographie du territoire, les communes rurales riveraines du lac Alaotra cumulant la plus forte exposition physique et la plus grande distance institutionnelle. Cette architecture de déficits traduit ce que l'étude formalise comme une décentralisation en trompe l'oeil, les communes ayant hérité de compétences constitutionnelles en matière de gestion des risques sans que les ressources budgétaires suivent ce transfert.
Notre analyse identifie aussi une cinquième composante, absente des cadres analytiques existants, celle de la dimension écosystémique. Le lac Alaotra joue, dans les faits, le rôle d'un actif de substitution, un filet de sécurité informel que l'État est incapable de fournir après chaque sinistre. Par ailleurs, la co-construction via les chefs de Fokontany représente une potentialité bien réelle, mais conditionnée à quatre prérequis : la reconnaissance formelle des acteurs communautaires, une rémunération même symbolique, une décentralisation budgétaire effective, et une complémentarité entre les parties prenantes. L'État n'est pas hors-jeu dans ce schéma ; c'est précisément lui qui en détient la clé d'activation. Une séquence de photographies illustrant le terrain d'étude est disponible en annexe (p. VIII).
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